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Un film de Bertrand Bonello
Pays d'origine France-Can
Durée 1h48
Sortie en France 03/10/2001

Avec
Jean-Pierre Léaud (Jacques)
Jérémie Rénier (Joseph)
Dominique Blanc (Jeanne)
Catherine Mouchet ( Olivia Rochet)
Thibault de Montalembert (Richard)
André Marcon (Louis)
Alice Houri (Monika)
Ovidie (Jenny)
Laurent Lucas (Carles)
Titof
Scénario Bertrand Bonello
Musique Laure Markovitch
Production haut et Court
Distribution Haut et court

Le DVD
Zone2
Pistes Son
Français (5.1)
Français stérép
Sous-titres
français

Date de sortie DVD:
29 août 2002




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Cette oeuvre a été notée 4

Le pornographe
 
Faiblesses de la chair
 

01/02/2003
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Autant l’avouer d’entrée, c’est avec beaucoup d’impatience que l’on attendait le DVD du sublime film de Bertrand Bonello, sorti à l’automne 2001.
« Le pornographe » fait partie de ces objets cinématographiques, rares et précieux, qui interrompent le flux routinier des sorties, qui suspendent le temps et brillent longtemps dans la mémoire. Film fragile et émouvant comme peu, il constitue un trésor que l’on chérit et dont on parle avec émotion tant il en dit long sur soi-même.

Le temps retrouvé

Comment résumer une histoire aux entrées multiples et qui demeure rétive à tout raccourci hâtif ? On ne sera guère avancé si l’on raconte qu’il s’agit d’un ancien réalisateur de films pornographiques, ayant connu une petite gloire vingt ans auparavant, et qui, par nécessité financière, doit de nouveau tourner. Parallèlement, il retrouve son fils unique, qui avait fui quand il avait appris la véritable activité de son père.

Mais on réalise vite que le véritable sujet du film est ailleurs. On le devine dès les premières images, à la seconde précise où l’on comprend que c’est Jean-Pierre Léaud qui interprète ce rôle de metteur en scène. Ainsi, nous donne-t-on à voir un nouvel épisode du magnifique feuilleton qui a débuté dans « Les 400 coups » et qui n’en finit pas de se prolonger. Antoine, Alexandre ou Jacques cette fois, peu importe le prénom, Léaud ne sait être que lui-même, définitivement génial. Bonello lui offre ici un piédestal à sa mesure, tout en retenue, en légèreté et en souffrance.

A la rencontre de soi

Car il s’agit bien ici de blessures à panser et de temps à remonter. Jacques renoue les fils de son existence et se met douloureusement à nu. Ancien gauchiste, devenu réalisateur porno par provocation pour choquer le bourgeois et continuer la Révolution par d’autres moyens, il est devenu un professionnel de cette industrie. On comprend qu’il a contribué à faire évoluer ce genre pour lequel il semble avoir autant de mépris que de fascination. Vingt ans après, il se heurte aux impératifs d’un tournage dont le but ne semble que commercial alors qu’il ne cherche lui-même que l’émotion. Il dirige ses acteurs (dont la star du X Ovidie) comme Bresson et cadre les scènes en totale opposition avec les standards du genre. Esthète perdu dans un milieu qui le respecte mais le traite avec condescendance, son malaise existentiel ne fait que s’accroître.

Son fils (très bien campé par Jérémie Renier), disparu depuis des années, désire le revoir. Mais comment le lien filial pourrait-il se recréer ? Même si l’affection semble se manifester sincèrement et que le pardon a lieu, ils ne joueront pas la comédie des retrouvailles. Il est déjà trop tard. Paradoxe de l’histoire (et de l’Histoire), le fils cherche les moyens d’une révolte que le père avait entrevue trente ans avant. Mais tout est perdu là aussi, le silence semble la seule issue. A moins que l’amour ne constitue la nouvelle utopie.
Alors pour Jacques, le temps des ruptures et des bilans est à nouveau venu. Construire une maison, quitter la femme qui l’aime de tout son être et puis raconter pour continuer à vivre. Raconter comment on est devenu réalisateur de films pornographiques, comment on se sent vieillir. C’est l’objet d’une scène bouleversante entre Jacques et une journaliste. Les perspectives se renversent et l’indécence change de camp l’espace d’un instant. Le pornographe, éternel accusé, devient moraliste. Il est alors temps d’affronter la vie nouvelle.

Des bonus qui ne déparent pas

Les compléments sont à la hauteur du film. On retiendra notamment le commentaire audio de Bertrand Bonello avec le journaliste Philippe Azoury et sa chanson hommage à Jean-Pierre Léaud. On écoutera aussi avec délectation, la diffusion d’un court entretien sur France-Culture, de l’acteur avec Marc Voinchet. Léaud s’y livre un peu, parlant du film et citant ses maîtres comme autant de marques de reconnaissance. « Le pornographe » fait partie des films de sa vie, nous dit-il. De la notre aussi désormais.

.::Samuel
   
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