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Un film de Pascal Bonitzer
Pays d'origine France
Durée 1h35
Sortie en France 12/02/2003

Avec
Bruno (Daniel Auteuil)
Béatrice (Kristin Scott Thomas)
Mathilde (Pascale Bussières)
Nathalie (Ludivine Sagnier)
Gérard (Jean Yanne)

Scénario Pascal Bonitzer avec la collaboration d'Emmanuel Salinger
Musique John Scott
Production Jean-Michel Rey / Philippe Liégois / Rezo Productions
Distribution Rezo Films





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Cette oeuvre a été notée 4

Petites Coupures
 
Rien sur Bruno
 

20/02/2003
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Avec ce troisième film aussi attendu que réjouissant, Pascal Bonitzer continue de promener sa douce et mélancolique drôlerie dans un cinéma français d’auteur, souvent pris au piège de son esprit de sérieux. Rien de révolutionnaire certes mais on retrouve avec toujours autant de plaisir le charme de ses comédies « intello » et subtilement décalées. Même si ses « Petites coupures » s’avèrent plus inégales que son formidable « Rien sur robert » sorti en 1999, il serait fort dommage de s’en priver.

Tournez manège

Dès le début, on se retrouve en terrain connu : les tourments amoureux d’un intellectuel parisien, hésitant entre plusieurs femmes et se réfugiant dans la fuite pour mieux se perdre à nouveau. Roi soleil entouré d’un carré de femmes aussi attirées que révulsées, Bruno (joué par Daniel Auteuil) ne sait que tromper et quitter pour masquer la vacuité de son existence. Auteuil incarne à la perfection ce quadra, journaliste communiste, qui semble aussi peu sûr de ses convictions politiques que sentimentales.
La première partie du film, particulièrement jouissive, est magistrale de légèreté et humour. Le quiproquo initial entre Emmanuelle Devos (l’ex en partance) et Ludivine Sagnier (la lolita passagère) constitue ainsi le premier morceau de choix d’une belle série. Bonitzer s’amuse à agencer une sorte de vaudeville aussi brillant que pathétique. Bruno est un être lâche et méprisable mais aussi profondément attachant. Il bluffe, ménageant tout son monde pour mieux empocher la mise finale mais il s’enferme dans de misérables mensonges. Il ne cesse de se blesser, toujours légèrement certes mais les marques restent.
Peut-être se rassure-t-il en se comparant à son ami maire (éternel Jean Yanne, d’une puissance comique inégalable) qui lui demande de l’aide mais rien ne semble le rattacher à une vie devenue aussi chaotique que ridicule. Il est donc logique qu’elle bascule sur un accident.
Commence alors la seconde partie du film, baignée dans un climat surréaliste et nettement plus grave. Bruno fait la connaissance de Béatrice (interprétée par Kristin Scott Thomas), femme à la fascinante opacité. Il en est bouleversé, apercevant enfin un possible sens à son existence. Même si des fulgurances comiques aèrent le récit, on regrette alors le début alerte et ravageur.
Pour Bruno, la fuite va bientôt prendre fin, non sans avoir tenté d’évacuer sa frustration une dernière fois sur une autre femme. Là aussi la débâcle est au bout du chemin mais cette fois, les conséquences auraient pu se révéler plus tragiques. Le bouffon cesse alors enfin de jouer et l’exil intérieur peut débuter.

Heureux qui communiste …

« Petites coupures » constitue donc un excellent divertissement, joué par de formidables acteurs et ne tombant jamais dans la pose prétentieuse. Reste alors la question annexe mais lancinante du film : mais comment peut-on être communiste ? Le personnage de Bruno, qui semble ne plus avoir vu un ouvrier depuis longtemps, porte peut-être discrètement en lui le deuil de Pascal Bonitzer, ancien critique engagé des Cahiers du Cinéma.


.::Samuel
   
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Vos commentaires
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Fabien a écrit le 21/02/2003 à 00h10.  Commentaire 554, Visiteur 6
Comment peut-on être Persan ?
Sam, on est vraiment pas fait pour s'entendre...

Martin a écrit le 21/02/2003 à 10h48.  Commentaire 555, Visiteur 14
Tu veux dire que l'on ne peut être communisme que par atavisme fabien ?
Tu es dur, je pense qu'il en reste encore, à tort ou à raison, des communistes convaincu.

Fabien a écrit le 21/02/2003 à 12h41.  Commentaire 556, Visiteur 6
Merci Martin qui, comme Eric et Ramzy mais en nettement moins drôle, nous fait à chaque fois découvrir un mot. Aujourd'hui, "atavisme" qui signifie "hérédité". C'est tellement plus marrant de parler une langue à part...

Et sur le fond : non Martin, c'est l'opposé de ce que je pense.

Martin a écrit le 21/02/2003 à 13h51.  Commentaire 557, Visiteur 14
Remercie-moi plutôt d'élargir tes horizons...

En tout cas, on choisit rarement de naître persan, que l'on soit chat ou Homme. Mais j'ai mal compris ce que tu voulais dire.

Martin a écrit le 21/02/2003 à 14h09.  Commentaire 558, Visiteur 14
Egayons un peu l'athmosphère par un petit peu de musique, très à propos ! ;)

Né quelque part
Musique: Maxime Le Forestier
On choisit pas ses parents,
on choisit pas sa famille
On choisit pas non plus
les trottoirs de Manille
De Paris ou d'Alger
Pour apprendre à marcher
Etre né quelque part
Etre né quelque part
Pour celui qui est né
C'est toujours un hasard
Nom'inqwando yes qxag iqwahasa {2x}

Y a des oiseaux de basse cour et des oiseaux de passage
Ils savent où sont leur nids, quand ils rentrent de voyage
Ou qu'ils restent chez eux
Ils savent où sont leurs ?ufs

Etre né quelque part
Etre né quelque part
C'est partir quand on veut,
Revenir quand on part

Est-ce que les gens naissent
Egaux en droits
A l'endroit
Où ils naissent

Nom'inqwando yes qxag iqwahasa

Est-ce que les gens naissent Egaux en droits
A l'endroit
Où ils naissent
Que les gens naissent
Pareils ou pas

On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille
On choisit pas non plus les trottoirs de Manille
De Paris ou d'Alger
Pour apprendre à marcher

Je suis né quelque part
Je suis né quelque part
Laissez moi ce repère
Ou je perds la mémoire
Nom'inqwando yes qxag iqwaha.sa
Est-ce que les gens naissent...

Fabien a écrit le 21/02/2003 à 16h08.  Commentaire 560, Visiteur 6
Chaque être chosit ce qu'il pense, malgré les risques d'"anamnèse des constantes cachée". L'héredité n'est pas une fatalité. Je veux le croire pour le bien de tes futurs rejetons.

Samuel a écrit le 22/02/2003 à 22h29.  Commentaire 565, Visiteur 294
Content de voir que ma chronique provoque des réactions. Je précise juste que je parlais du film, de son héros et de son auteur et surtout pas du communisme en géneral ou de mes convictions en particulier.
Il est bon à savoir, je pense, que Bonitzer a fait partie des Cahiers du Cinéma à une époque très spéciale dans l'histoire de cette revue, celle du tournant radical des années 70. Le côté un peu absurde et obsédant de la fameuse question (dans le film) "Mais comment peut-on etc ..." y trouve probablement un écho. A chacun de le voir et de juger.

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