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Un film de Valeria Bruni-Tedeschi
Pays d'origine France
Durée 1h50
Sortie en France 16/04/2003

Avec
Valeria Bruni-Tedeschi (Federica)
Chiara Mastroianni (la soeur de Federica)
Jean-Hugues Anglade (Pierre)
Denis Podalydès (Philippe)
Lambert Wilson (Aurelio)
Marysa Borini (la mère)

Scénario Valeria Bruni-Tedeschi, Noémie Lvovsky et Agnès De Sacy
Production Paulo Branco
Distribution Gémini Films





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Cette oeuvre a été notée 3

Il est plus facile pour un chameau...
 
La fille préférée
 

21/04/2003
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En réalisant un premier film au thème assez périlleux, l’actrice Valeria Bruni-Tedeschi prenait pas mal de risques. Celui de passer notamment pour une enfant gâtée, exhibant avec impudeur sa vie et ses problèmes existentiels. Le caractère très autobiographique du film pouvait également entraîner une confusion avec le succès du disque de sa sœur, Carla Bruni. Mais la vision de « Il est plus facile pour un chameau » rassure plutôt. Malgré ses imperfections, le film n’est pas un pénible objet people ou bobo mais développe un univers assez foutraque et plutôt attachant. On y croise des vrais morceaux de vécu, exprimés avec talent et subtilité. Dans ce genre si balisé en France, de la comédie de mœurs douce-amère, le film de Valeria Bruni-Tedeschi, ne laisse pas insensible, en alternant décalages comiques et situations plus graves.

Les tourments de la culpabilité

On y voit donc pendant près de deux heures les affres de Federica, riche héritière d’une famille italienne exilée à Paris. Sa vie assez monocorde l’ennuie et l’étouffe. Elle navigue à vue entre son père malade, sa mère lointaine (jouée par la propre mère de Valeria), sa sœur hystérique (Chiara Mastroianni se sort bien de ce rôle ingrat), un frère mondain (Lambert Wilson parfait de suffisance), son fiancé pressant (Jean-Hugues Anglade, très bon en prof gauchiste) et son ex de retour (Denis Podalydès à contre emploi).
Sa fortune colossale, vague et absurde notion pour elle, l’empêche de vivre. Elle ne trouve refuge que dans des cours de danse et l’écriture de pièces de théâtre, comme autant de loisirs futiles et vains. Pour chercher un sens à sa vie, elle se confesse alors à un prêtre. Cela semble le seul moyen pour trouver l’oreille attentive, que son entourage ne consent pas à lui accorder. La fuite dans l’imaginaire (excellente idée d’insertion de petites animations) et le passé (très belles scènes de reconstitution de sa tendre enfance) sont ses seuls recours face à un présent qu’elle ne comprend pas et qui la dépasse.
Une des clés de ce malaise tient dans sa relation privilégiée avec son père mourant. Federica est sa fille préférée et si elle en a tiré de nombreuses joies, elle en ressent aussi une profonde culpabilité vis-à-vis de sa sœur, qui ne se prive pas de lui faire sentir cette différence de traitement. Ces scènes de déchirement comptent parmi les plus touchantes du film. Ce père en a fait aussi une fille riche pour la vie entière, une vie fatalement vide et oisive. Ce que ne manque pas de lui rappeler son fiancé, issu lui aussi d’une famille italienne immigrée mais pauvre.
Bref, Federica culpabilise sans cesse, rêvant de réconciliation universelle mais ployant sous le poids de l’argent, des souvenirs et du ressentiment, plus ou moins voilé, de ses proches.

Un équilibre difficile mais juste

On a connu pire torture certes. Une des qualités du film est justement de ne pas faire prendre des vessies pour des lanternes et de ne jamais nous présenter l’existence de Federica comme un atroce calvaire. Valeria Bruni-Tedeschi, dans et hors le film, est bien sûr consciente de sa position hautement privilégiée. Le récit est donc constamment parsemé de scènes de comédie très drôles où l’inadaptation et la sincérité de l’héroïne se heurtent au mur du réel. Ces séquences permettent d’apprécier d’autant mieux les scènes dramatiques. Elles n’apparaissent donc pas comme la longue litanie des malheurs d’une pauvre petite fille riche mais plutôt comme des bouts de vie, authentiques et émouvants. Le film ne tombe jamais dans la pose affectée et ridicule mais au contraire capte de nombreux instants de vérité.
En trouvant un ton juste et sensible, ce film modeste finit ainsi par convaincre. On se situe bien sûr loin du chef d’œuvre mais dans un vrai bon moment de cinéma. On aurait tort de bouder son plaisir.


.::Samuel
   
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