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Un film de Siegrid Alnoy
Pays d'origine France
Durée 1h40
Sortie en France 24/09/2003

Avec
Sasha Andres (Christine Blanc)
Pierre-Félix Gravière (Sébastien)
Eric Caravaca (Eric)
Catherine Mouchet (Patricia)

Scénario Siegrid Alnoy, Jérôme Beaujour et François Favrat
Musique Gabriel Scotti
Production Béatrice Caufman
Distribution Ad Vitam, France





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Cette oeuvre a été notée 4

Elle est des nôtres
 
La femme sans qualité
 

29/09/2003
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On n’a pas le souvenir d’un premier film français aussi ambitieux depuis des lustres. Siegrid Alnoy nous propose en effet une vision particulièrement singulière et sombre de la solitude urbaine contemporaine. Mais là où beaucoup auraient pêché par un ultra-réalisme étouffant, cette jeune cinéaste nous livre un film très stylisé, à la construction très originale. Dommage alors que l’ensemble ne soit pas abouti et s’enlise dans sa seconde partie dans une pose maniérée, qui alourdit considérablement le film. Mais cette tentative de renouvellement formel d’un thème devenu classique, mérite d’être saluée.

Inquiétude ordinaire

Le début est très impressionnant, à la limite du sidérant tant par le fond du récit que par les sensations générées. On y suit les pas d’une femme trentenaire, Christine Blanc (formidablement interprétée par Sasha Andres), d’une banalité qui confine à l’angoisse. Sans travail fixe, elle est intérimaire, passant de mission en mission avec application et discrétion. On comprend vite aussi le vide de sa vie privée, affective et amicale. Elle ment comme par protection, s’inventant une relation sentimentale et des centres d’intérêt, pour donner le change. Etrangère au monde et à elle-même, elle glisse sur la surface des événements et des personnes tout en désirant, par conformité, rentrer à son tour dans le jeu social.
La mise en scène de cette vacance est absolument remarquable. Avec une économie de moyens, Siegrid Alnoy installe un climat de tension, ancré dans l’ordinaire de la vie moderne. Quelques gestes, quelques regards et une poignée de mots suffisent pour capter cette indifférence, mêlée de désarroi. Les plans s’étirent jusqu’à l’absurde et font ressentir tout le malaise de cette citadine, anonyme et perdue au milieu de la foule. On appréciera aussi le rôle décisif de la bande-son, bourdonnante et lancinante. On pense à Claire Denis, voire même à David Lynch ou à Philippe Grandrieux, pour ce passionnant travail formel et sonore, source d’inquiétude. L’inexorable s’approche à grands pas, on le pressent.
Arrive alors le point d’inflexion du film, son climax et malheureusement un de ses derniers moments vraiment réussis. Pour s’intégrer à la communauté humaine, un meurtre sacrificiel doit être commis. Ce sera inévitablement celui de celle qui lui renvoie le modèle de l’intégration et de la réussite apparente. Il faut tuer pour s’émanciper enfin, tuer pour se libérer, pour naître au monde. Les ténèbres de la solitude sont désormais derrière Christine mais comment supporter le poids d’un crime ? Et surtout, l’abcès est crevé mais est-ce si simple ?
La seconde partie du film, celle de la sociabilité coupable (CDI + sorties entre collègues + mise en ménage = bonheur universel ?) convainc moins. Le fil se délite, se perd dans des effets gratuits, le film patine alors. Deux personnages mystérieux débarquent dans le récit très décousu, un improbable stagiaire et un bien étrange commissaire. Ils sont les témoins et confidents de la détresse et des aspirations sans cesse contrariées de Christine. Mais voilà la sauce ne prend plus et l’ennui pointe son nez. La fin, ouverte comme il se doit, laisse quand même une forte impression chez le spectateur. Le mal-être existentiel se serait-il transmuté en sérénité ?

A suivre

On recommande donc ce premier film de Siegrid Alnoy, exigeant et très prometteur. La volonté de ne pas se fourvoyer dans le (mélo)drame social et de pénétrer subtilement le monde de l’entreprise sont à porter à son crédit. Nous sommes ainsi très loin du pesant film à thèse mais néanmoins la talentueuse réalisatrice devra sans doute, à l’avenir, canaliser sa mise en scène sous peine de se noyer dans une abstraction décourageante.


.::Samuel
   
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