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Un film de Gilles Marchand
Pays d'origine France
Durée 2h06
Sortie en France 24/12/2003

Avec
Sophie Quinton (Isabelle, "Bambi")
Laurent Lucas (le docteur Philipp)
Catherine Jacob (Véronique)
Yasmine Belmadi (Sami)

Scénario Gilles Marchand et Vincent Dietschy
Musique Doc Matéo, Lily Margot, Alex Beaupin, Carlos Dalton et François Eudes
Production Caroline Benjo et Carole Scotta
Distribution Haut et Court, France





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Cette oeuvre a été notée 3

Qui a tué Bambi ?
 
Calme blanc
 

25/12/2003
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On a suffisamment regretté le retard historique (et déplorable) du thriller en France pour ne pas s’intéresser avec soin au cas du premier film de Gilles Marchand, plus connu jusqu’ici pour ses activités de scénariste. Ce genre sinistré dans nos contrées trouve ici un renouvellement plutôt réussi, porté par deux remarquables comédiens. Le choix d’un lieu particulièrement chargé (l’hôpital) et d’une esthétique très travaillée permet à « Qui a tué Bambi ? » de sortir du lot, sans atteindre néanmoins les sommets attendus. On ne fera pas l’injure à Marchand de s’enthousiasmer à l’excès pour son film sous prétexte qu’il est français mais en évitant toute condescendance, on peut noter cette heureuse exception dans le paysage hexagonal.

Vertigo à l’hosto

L’intrigue est aussi limpide que son traitement visuel est anguleux. Elle prend d’entrée les allures d’un conte cauchemardesque, qui nous narre les premiers pas à l’hôpital d’une élève infirmière. Isabelle (belle révélation de la fragilité subtile de Sophie Quinton), frêle jeune fille émotive, débarque dans cet environnement où elle a choisi de passer sa vie professionnelle mais qui recèle pour elle son lot d’épreuves initiatiques. L’hôpital, avec ses hiérarchies, ses codes et surtout son dédale de couloirs immaculés, devient ainsi le héros véritable de ce film. Ce lieu, centre nerveux et carrefour social, constitue un espace assez peu exploité dans le thriller en dépit de son formidable potentiel cinématographique. Les réalisateurs craignent peut-être l’évidence et les « scènes à faire ». Gilles Marchand n’a pas ces pudeurs et nous plonge avec délectation dans les méandres d’un banal hôpital, qui devient par sa mise en scène, l’enfer sur Terre.
Pour ce faire il y place un médecin fantomatique (Laurent Lucas dans une interprétation jubilatoire), qui hante les couloirs froids par sa présence désincarnée et inquiétante. Véritable bloc opaque, le docteur Philipp déambule dans l’hôpital de jour comme de nuit, comme s’il y avait élu domicile. Cassant et craint par tous, il prend les traits d’un homme diaboliquement séduisant et secret. Il est donc l’objet de toutes les interrogations et de tous les fantasmes, à commencer bien sûr par Isabelle. Cette dernière est d’ailleurs sujette à de nombreux vertiges, ses évanouissements devenant la figure récurrente du film. D’où le surnom de « Bambi » donné par le bon docteur Philipp en référence au fragile personnage imaginé par Walt Disney. Et que veut précisément ce troublant Mabuse à la petite biche blonde qui le soupçonne de plus en plus de cacher d’inavouables pratiques ?

Encore un effort

On le comprend aisément, le film est surplombé par de multiples symboles, qui s’entremêlent pour donner naissance à un écheveau finalement assez complexe à défaut d’être toujours passionnant.
Comme on l’a déjà souligné, « Qui a tué Bambi ? », derrière sa représentation très réaliste de l’univers professionnel hospitalier, prend la forme d’un conte à la Perrault. Le docteur Philipp en est naturellement l’ogre au sourire carnassier, toujours aux aguets, observant sans relâche ses proies par toutes les embrasures. Isabelle le croise sans cesse comme une obsession qui s’installe progressivement dans son esprit pour ne plus la lâcher. Figure protectrice mais aussi démoniaque, le médecin réactive également par sa manipulation troublante de multiples seringues, le mythe vampirique. Le magnétisme puissant de ce fantôme de l’hôpital nous est relativement bien rendu grâce à une mise en scène très stylisée, qui sait tirer parti de ce lieu familier et terrifiant pour tout un chacun. Marchand use et abuse de la blancheur vierge et dure qui émane de l’hôpital pour y perdre progressivement ses personnages.
C’est peut-être là que les réticences commencent à poindre. A force d’instiller une ambiance angoissante grâce au filmage très appuyé de ce décor « naturel », le film fait du surplace par ce soulignement perpétuel. La musique, qui a sa part dans la montée du suspense, finit elle aussi par lasser dans son imitation systématique des meilleures compositions de Badalamenti pour les chefs d’œuvre de David Lynch. Le nom est lâché, celui du créateur des plus pervers voyages oniriques du cinéma contemporain. L’ombre de Lynch plane sur ce film comme les corridors peuplés de mauvais génies du « Shining » de Kubrick. Et comment ne pas penser aux légendaires vertiges de James Stewart mis en scène par Hitchcock dans « Sueurs froides » ? De bien prestigieux modèles donc pour Gilles Marchand, dont on finit par regretter la réalisation un poil chichiteuse. S’il est à louer qu’il n’ait pas fait un « film de scénariste », on est tout de même un peu déçu par la structure d’une histoire aux ressorts souvent téléphonés. Les rebondissements se devinent d’assez loin et allongent inutilement le film, qui se termine d’ailleurs par une fin à tiroir plutôt maladroite.
Bref, un film d’un niveau très correct, surtout dans cette pauvre période des Fêtes, mais on attend toujours le grand thriller français.


.::Samuel
   
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