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Un film de Patty Jenkins
Pays d'origine Etats-Unis
Durée 1h51
Sortie en France 14/04/2004

Avec
Charlize Theron (Aileen Wuornos)
Christina Ricci (Selby Wall)
Bruce Dern (Thomas)
Pruitt Taylor Vince (Gene)

Scénario Patty Jenkins
Musique Brian Transeau
Production Mark Damon
Distribution Metropolitan FilmExport, France





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Cette oeuvre a été notée 4

Monster
 
Un monde sans pitié
 

07/04/2004
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Pour tous ceux qui se méfient comme de la peste des films écrasés par une performance d’acteur, « Monster » peut a priori susciter quelques craintes légitimes. Les multiples récompenses obtenues par Charlize Theron pour son rôle de marginale à la dérive pouvaient augurer d’un film bancal, centré sur le jeu outrancier de son héroïne méconnaissable. Mais heureusement, si on se doit de reconnaître que la composition de la star d’origine sud-africaine est formidable de bout en bout, elle ne phagocyte en rien la première œuvre de la jeune réalisatrice Patty Jenkins. Premier film fort donc, très risqué car reposant sur l’adaptation d’un fait divers particulièrement sanglant. Celui de Aileen Wuornos, meurtrière par amour, tueuse en série peu banale, échappant aux schémas simplistes et au mythologies grand guignol, qui fleurissent aux Etats-Unis depuis bientôt vingt ans.

Mortelle dérive

Cette histoire vraie est fascinante, ouvrant un incroyable et effrayant gouffre sous nos pieds. Celui d’un trou noir dans lequel une femme va s’abîmer et disparaître, laissant derrière elle six cadavres et une montagne de questions sur l’engrenage qui a pu provoquer une telle spirale.
Cette femme, c’est donc Aileen, prostituée paumée, n’espérant plus rien de l’existence quand son chemin croise celui de Selby, jeune fille incertaine à la recherche de son identité. La collision de ces deux solitudes est foudroyante, comme l’évidence que cette rencontre constitue une dernière chance d’approcher enfin un bonheur enfoui depuis longtemps. Depuis précisément les dernières lueurs illusoires de l’enfance.
Mais la société ne peut que s’opposer à un tel amour, monstrueux et répugnant selon les canons en vigueur de la morale puritaine américaine. Le piège infernal de l’exclusion se met en place pour Aileen et Selby, incapables de trouver leur place dans le monde. Alors comment survivre ? Comment préserver leur jardin secret ? Comment leur quête d’une paisible normalité peut-elle aboutir ?
Ces questions ne trouveront jamais de réponse mais prendront rapidement une dimension terrible. Car la digue qui protégeait encore Aileen du Mal ne va pas tarder à lâcher. L’acte fondateur de cette dérive arrive par un hasard cruel mais qui porte en lui le séisme à venir. Pour gagner l’autonomie matérielle que sa relation naissante avec Selby exige, Aileen n’a pas le choix, elle doit continuer à errer le long des autoroutes pour vendre son corps contre quelques dollars. Pour échapper un soir à un détraqué qui la martyrise, une pulsion de survie l’amène à utiliser l’arme qui devait lui servir à se suicider. Ce revolver prolonge alors paradoxalement sa vie et ce meurtre d’autodéfense ouvre une brèche dans son équilibre psychique déjà fragile. Tuer des gens n’est pas si difficile et encore moins ceux qui le méritent. Car le monde n’est-il pas peuplé de salauds que personne ne regrettera ?
Tuer et dévaliser ses clients s’impose finalement comme un moindre mal pour une Aileen, qui ne peut plus supporter l’idée de se prostituer. Et peu importe si la culpabilité profonde de ses victimes est plus supposée que certaine, elle est désormais engagée dans une fuite en avant sans recours ni porte de sortie.

Très prometteur

La puissance de « Monster » est avant tout dans l'interrogation morale surgie de son titre même. Qui est le monstre en question ? Loin de toute tentative d’explication sociologique qui résumerait le parcours d’Aileen à un simple déterminisme, le film ne se pose pas en juge ou en avocat. Il nous montre comment les tentatives d’insertion (pathétiques mais réelles) d’Aileen échouent inéluctablement face à un monde qui ne sait que faire d’une telle inadaptée mais il n’élude pas pour autant sa responsabilité écrasante. Elle sait ce qu’elle fait et finit par commettre le plus odieux des crimes sur celui qui ne demandait qu’à l’aider enfin, comme un symbole dramatique d’une situation qui lui échappe inexorablement. Aileen n’est ni une tueuse inhumaine et démoniaque ni la victime innocente d’une société indifférente aux plus faibles. Son amour pour Selby (merveilleuse Christina Ricci au jeu varié et toujours crédible) nous est présenté comme la force motrice de sa dérive infernale et recèle en son sein une très troublante ambiguïté. Quelle est la densité véritable des sentiments de Selby ? Qui réellement manipule l’autre ?
Bref, un premier film très prometteur et marquant, dont la remarquable efficacité pallie parfois les chutes d’inspiration. La forme, souvent oubliée dans ce type de cinéma réaliste et cru, n’est pas toujours fouillée mais révèle un certain talent pour capter quelques ambiances nocturnes lourdes de menaces. Indéniablement la caméra de Patty Jenkins sait retranscrire ce destin tragique, à la croisée du banal pitoyable et du monstrueux singulier.


.::Samuel
   
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Salomé a écrit le 21/04/2004 à 11h57.  Commentaire 6148, Visiteur 2465
MONSTER "un vrai petit bijou , une actrice remarquable, une histoire totalement vraie chargée en diverses émotion , repris de l'histoire d'une ancienne prostitué qui a finis par tuer ses clients par douleur, abandon, et AMOUR.
Assez obscure mais tellement fort dans l'abandon de soi par amour, que j'en suis encore toute retournée !

Federico a écrit le 22/05/2004 à 22h42.  Commentaire 6712, Visiteur 2609
Le sujet aurait pu être intéressant...mais c'est lent, l'histoire est banale; bref c'est de la merde!

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