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Un film de Joel Coen
Pays d'origine Etats-Unis
Durée 1h44
Sortie en France 09/06/2004

Avec
Tom Hanks (le Dr. Goldthwait Higginson Do)
Irma P. Hall (Mrs. Munson)
Marlon Wayans (Gawain)
J.K. Simmons (Garth Pancake)
Tzi Ma (Le Général)
Ryan Hurst (Lump)

Scénario Joel Coen et Ethan Coen
Musique Carter Burwell
Production Tom Jacobson, Barry Josephson, Barry Sonnenfeld et Ethan Coen





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Cette oeuvre a été notée 2

Ladykillers
 
Panne sèche
 

05/06/2004
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En dégainant une deuxième comédie en six mois, les frères Coen éclairent leur carrière récente sous un nouveau jour. Ils semblent renoncer à la belle ambiguïté qui guidait leur travail, écartelé entre noirceur et loufoquerie. Les deux pôles nourrissaient souvent simultanément leurs meilleurs films pour aboutir à des merveilleuses œuvres, visitées par le fantôme de l’âge d’or hollywoodien du polar et de la comédie. Le tout saupoudré d’un sens unique de l’absurde et de la parodie qui en faisait tout le prix. Doit-on désormais parler de cette singularité au passé ? La vision de « Ladykillers » laisse en effet assez perplexe. A vrai dire, on ne s’attendait pas à un film aussi facile et gratuit de la part des Coen, qui ont certes toujours fait preuve d’un redoutable esprit potache mais qui viennent là de franchir nettement la ligne blanche.

Le casse du siècle

« Ladykillers » ou le remake par la fratrie Coen d’un classique de la comédie anglaise fifties, qui passe ainsi du Londres encore victorien au Deep South. On y découvre donc tous les archétypes de ce Sud américain déjà filmé dans « O Brother ». Soit tout d’abord une sympathique et pieuse veuve noire, qui héberge un curieux lettré blanc en congés de l’Université, pour approfondir la pratique de la musique de la Renaissance. Etonnant, non ? Le plus surprenant dans l’affaire étant sans doute le choix de Tom Hanks pour interpréter un amateur d’Edgar Poe. Mais que cache donc ce distingué professeur ? Et surtout pourquoi s’entoure-t-il d’une bande de pieds nickelés, indignes d’un sketch de Kad et Olivier ? On ne dévoilera pas un insoutenable suspense en révélant que l’improbable troupe projette de s’emparer de l’argent d’un casino voisin en creusant un tunnel depuis la cave de miss Munson, qui va évidemment découvrir la supercherie et se montrer fort contrariée par pareil méfait. Délire …

Comique aseptisé

Même lesté par des tonnes de clichés, l’ensemble pouvait néanmoins s’avérer attrayant et jouissif. Les Coen n’ayant pas d’équivalent dans l’industrie du divertissement américaine pour se jouer des stéréotypes et faire prendre une sauce mille fois goûtée ailleurs. Qu’est ce qui grippe alors la machine ? Peut-être justement la sensation d’avoir à faire à une pure mécanique gaguesque, dénuée de tout arrière plan et de toute substance. La comparaison avec le récent « Intolérable cruauté » semble très éclairante de la soudaine régression des Coen. Ce précédent film se révélait en effet infiniment plus mordant et ironique que l’esprit bon enfant qui maintient constamment « Ladykillers » dans une bulle de légèreté, qui ne va pas vraiment au teint des deux frangins. Sous ses dehors d’humour noir, ce nouvel opus parait particulièrement convenu, voire parfois franchement insignifiant. Comme si leur comique autrefois ravageur se trouvait soudain pris au piège de codes commerciaux, imposés par un système productif de plus en plus aseptisant. Tout est téléphoné, à l’exception de quelques rares trouvailles qui nous rappellent leurs anciennes fulgurances, génialement bêtes et méchantes.
Les comédiens cabotinent à outrance mais chose plus grave, sans rien apporter au film. Là où le numéro de séducteur de Georges Clooney marchait à la perfection en détournant son image lisse et calculée, la composition de Tom Hanks, une fois passée l’exposition, tourne à vide et condamne le film à un pénible surplace.
On espère donc un rebond des frères Coen, qui nous doivent absolument une revanche après cette comédie faiblarde.


.::Samuel
   
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Vos commentaires
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Gritche a écrit le 07/06/2004 à 10h38.  Commentaire 6922, Visiteur 26
"Intolérable cruauté" est un film de commande, il faut le rappeller, c'est important

Samuel a écrit le 07/06/2004 à 10h43.  Commentaire 6923, Visiteur 1384
"Intolérable cruauté" est effectivement une commande (comme "Ladykillers") mais pour moi, c'est vraiment un modèle de comédie mainstream à gros casting. J'avais beaucoup ri et le film avait un fond très intéressant, une sorte de "Madame porte la culotte" 50 ans après.
Alors que "Ladykillers" est vraiment médiocre, je trouve.

Matoo a écrit le 17/06/2004 à 11h25.  Commentaire 7000, Visiteur 2701
La version originale de 1955, Tueurs de dames, est par contre un chef-d'oeuvre irrésistible du cinéma anglais !

Samuel a écrit le 17/06/2004 à 11h30.  Commentaire 7001, Visiteur 1384
Je ne dirais pas forcément cela. J'ai découvert le film la semaine dernière à l'occasion de sa ressortie. Et j'ai bien aimé, plus que la version des Coen mais j'ai plus trouvé le film original charmant et piquant que vraiment tordant.
La petite mamie est formidable, bien plus touchante que la mama black dans son numéro vue et revue un million de fois.
Le professeur est plus inquiétant aussi, il a un potentiel de folie bien supérieur au fade Tom Hanks.

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