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Un film de Nuri Bilge Ceylan
Pays d'origine Turquie
Durée 1h50
Sortie en France 14/01/2004

Avec
Muzaffer Özdemir (Mahmut)
Mehmet Emin Toprak (Yusuf)
Zuhal Gencer Erkaya (Nazan)

Scénario Nuri Bilge Ceylan
Production Nuri Bilge Ceylan
Distribution Pyramide, France

Sur le Web
Site officiel
NBC Films





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Uzak
 
 

29/01/2004
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oilà un beau film turc qui tranche nettement sur tout ce que j’ai vu précédemment. Comme tous les films indépendants de pays à la culture très différente de la notre, il faut un certain temps d’adaptation à la manière dont les gens communiquent. Souvent, ces films sont grevés par une longueur ou une lenteur d’action excessive à nos habitudes cinématographiques.

Ainsi, comme pour A cinq heures de l’après-midi que j’avais vu auparavant, Uzak est un film lent et posé, un film qui déroule une intrigue minimale et avec des dialogues peu fournis. Mais l’ambiance qui est distillée est fantastique. Les décors naturels d’Istanbul sous la neige contribuent aussi beaucoup à cette impression, et à l’histoire même.

Le film évoque l’arrivée à Istanbul d’un jeune homme de la campagne, sans emploi, qui se rend en ville en espérant devenir matelot sur un des navires qui quittent le port tous les jours. Il va loger chez un homme originaire de son village, et qui a relativement réussi en tant que photographe de publicité. Les deux hommes ont du mal à communiquer, entre le jeune qui pense qu’il va vite trouver un travail et apprend à gérer ses déboires, et le plus âgé qui, ayant renoncé à la photo d’art et au cinéma pour un secteur plus lucratif, a du mal à partager son appartement. Ce dernier est surtout critique et irascible envers son invité dont il réprouve les manières et l’attitude. On sent bien chez le photographe la désillusion profonde de ne pas être devenu celui qu’il aurait aimé, et son aigreur auprès du jeune homme qui veut juste trouver un boulot.

Les deux comédiens sont excellents, et leur communication est finalement bien peu verbale mais d’une rare intensité. Et puis, il y a surtout cette manière de filmer, de laisser le temps filer et de se poser sur des plans superbes. On sent le talent de photographe du réalisateur, qui pose un œil sensible et épris sur son pays et nous fait partager sa beauté et la sérénité de ces paysages.


.::Matoo
   
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