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Quand la mer monte
 
 

12/11/2004
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Voilà un tout petit film indépendant qui vaut le détour. D’ailleurs le bouche à oreille fonctionne bien, et c’est tant mieux. Un petit film donc, sans prétention, sans grandiloquence, mais qui touche d’autant plus par sa sensibilité à fleur de peau.

Yolande Moreau y joue le rôle d’une artiste qui joue en one-woman-show dans le nord… les théâtres, centres culturels ou même maisons de retraite. Le film est ponctué de bouts de son spectacle qui est un bijou d’humour noir, très « Yolande ». On la voit qui s’emmerde dans des hôtels minables une fois que son show est terminé, avant de passer à la prochaine étape, dans cet environnement du nord un peu cliché : friche industrielle, beaufs de chez beaufs bourrés dans les bistrots, etc. Elle appelle son mari et prend des nouvelles de son fils quotidiennement, mais on sent que cette vie de saltimbanque n’est vraiment pas une sinécure. Les humoristes, on le sait bien, ne sont pas toujours les gens les plus gais dans la vie.

Un jour, elle fait la rencontre inopinée d’un gars, Dries, et ils se lient plus ou moins d’amitié. Cette amitié évolue alors en une histoire d’amour passionnelle. Passionnelle car le temps d’une éphémère tournée…

C’est une narration assez lente et posée, avec une caméra qui découvre un univers plein de contrastes. D’un côté cette comédienne qui fait rire les gens avec son personnage truculent, baroque et « barrique », une femme mariée qui écoute la Traviata dans sa voiture, mais est simple et modeste. Et de l’autre, on a ce nord de la France qui est présenté avec beaucoup d’affection et de dignité, tout en montrant bien une réalité sociale pas folichonne.

Et Irène (Yolande Moreau) qui navigue dans ces eaux tumultueuses, qui succombe à un mec paumé du coin, mais dont le charme la vainc pour un temps. On suit cette petite aventure adultérine sur fond de misère sociale, avec des moments de rires/sourires lors de ces extraits de spectacle qui allègent l’atmosphère, et cette histoire d’amour dont les élans sincères et l’issu ne laissent pas indifférents.


.::Matoo
   
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