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Maria, pleine de grâce
 
 

31/12/2004
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Ce film évoque un thème plutôt « classique » puisqu’il s’agit de drogue en Colombie, mais comme Oli le disait, l’intérêt est de s’être focalisé sur des protagonistes dont on a pas l’habitude, plutôt que de signer un énième film hollywoodien sur les cartels de la drogue. Il s’agit de l’épopée d’une jeune fille qui passe de la drogue de Bogotá à New York.

Elle est une « mule », c’est-à-dire une personne qui avale des capsules étanches de drogue afin de faire passer ces substances de Colombie aux USA. A la base, elle avait une vie assez réglée, qui ne lui convenait pas vraiment mais dont elle s’accommodait. Elle travaille dans une usine à fleurs, où elle ôte les épines des roses toute la journée à la chaîne, elle a un petit copain, elle sort avec ses amis et donne la majorité de son maigre pécule à sa famille dans le besoin. Et puis voilà qu’elle découvre qu’elle est enceinte de son petit-ami. Elle ne l’aime pas, et réciproquement, alors elle ne l’épouse pas comme cela aurait du se faire. Et puis elle quitte son job sur un coup de tête. Maria est une battante, mais aussi une fille-femme têtue et indépendante.

Une rencontre inopinée la met sur le chemin d’un petit malfrat qui lui propose de faire la « mule » pour une belle somme d’argent. Elle en a besoin, elle accepte.

S’ensuit alors toute cette procédure barbare et douloureuse qui consiste à ingérer à jeun près d’une centaine de ces capsules de poudre, et puis la peur de ce processus et la terreur qui monte à l’idée du danger que cela représente (la prison, la mort si une capsule s’ouvre, les menaces sur la famille). On suit avec autant de frayeur qu’elle ces étapes, et cette jeune actrice est excellente. Son angoisse monte en puissance en même temps que celle du spectateur. Et c’est bien une victime, une victime qui pourrait être arrêtée ou mourir, mais qui a bien conscience de commettre un crime. Ce que la pauvreté peut amener à faire faire aux gens… Elle n’a pas vraiment le choix, alors elle rassemble toutes ses forces, et elle avance, avec le cœur de son fœtus qui bat en elle.

Comme Oli, je pense aussi qu’ils auraient pu en faire un film d’une ampleur bien plus importante, mais cela reste une petite œuvre indépendante avec beaucoup de charme et de force.


.::Matoo
   
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