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Le cauchemar de Darwin
 
 

12/04/2005
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J’ai mis deux bons jours à me remettre vraiment de ce film, et encore aujourd’hui je conserve des images résiduelles qui n’arrivent pas à partir. Un film, un documentaire plutôt mais alors du genre « coup de poing », mais pas du style Michael Moore avec revendication politique et mise en scène fastueuse. Là c’est la vérité simple et nue, il s’agit d’un reportage au cœur d’un drame écologique qui reflète, grâce à un documentaire doté de toutes les qualités, tous les problèmes de l’Afrique.

Le documentaire est extrêmement pédagogique, on commence par expliquer le cadre général, puis on se focalise de plus en plus, on interroge les autochtones, on se remet un peu en perspective, et puis par petites touches impressionnistes, on se met à peindre un tableau plus global de la situation. Et peu à peu, on découvre un drame dont on imaginait même pas l’ampleur. Et on comprend à quel point les africains n’ont pas fini de souffrir. Et c’est dur, car ce film ne fait que montrer la réalité, la triste et inexorable réalité d’un continent qu’on strangule. Et le pire c’est qu’on y participe tous bien activement sans le savoir.

Tout commence par l’introduction dans le Lac Victoria (en Tanzanie) de la « perche du Nil » dans les années 60. C’est un désastre écologique car cette espèce tue toutes les autres et est même cannibale. Il faut voir les pêcheurs remonter des tonnes et des tonnes de ces poissons gigantesques (de 50 à plus de 100 Kg). Il n’y a plus que ça dans le lac, toutes les autres espèces endémiques ont été réduites à néant. Un désastre écologique soit, mais apparemment et finalement une panacée pour la région. En effet, la chair de ce poisson est appréciée en Europe, et rapidement cela devient pour la Tanzanie une riche source d’exportation. Des usines fleurissent autour du lac, et quelques entrepreneurs s’enrichissent dans ce commerce de pêche et revente.

Le problème c’est que lorsque la Tanzanie subit des famines et qu’on doit même faire appel à l’aide internationale, on continue à exporter les milliers de tonnes de poissons frais en Europe, car le poisson coûte trop cher pour qu’on le vende sur place. La loi du marché. On voit alors des gens récupérer les têtes et les entrailles en putréfaction de poissons pour les faire bouillir et frire, afin de vendre cela comme nourriture. Mon dieu… c’est pire que des ordures, et pourtant ils consomment cela, tandis que nous trouvons leurs poissons sur nos marchés.

Ensuite, pour transporter ce poisson frais, il faut organiser un fret aérien dense et efficace. Ce sont majoritairement des transporteurs russes car ce sont les plus compétitifs. Les interviews des pilotes ukrainiens montrent la manière dont le système les a mis en place, ils sont aussi les principaux clients des prostituées tanzaniennes dont beaucoup sont régulièrement maltraitées ou tuées. Les avions arrivent vides et repartent pleins de poisson. Ce n’est pas très rentable pour les compagnies aériennes, donc elles cherchent à établir un transport aussi dans l’autre sens.

Les avions amènent donc parfois aussi des vivres et des cargaisons des Nations Unis. Mais souvent, ils amènent dans cette région des Grands Lacs qui est une véritable poudrière, des armes par tonnes. Ainsi l’équilibre est trouvé, et c’est merveilleux car il est conforme à l’ordre économique global… vraiment, vraiment tout va bien. Ce sont même les représentants de l’UE en visite dans le pays qui le disent. La Tanzanie est un pays formidables, ses usines de traitement du poisson sont au niveau de ce qui se fait en Europe, nous sommes heureux de contribuer au développement économique de l’Afrique en leur important leur poisson frais.

Et derrière, le documentaire découvre l’effroyable vérité… La famine, les vivres qui partent à l’étranger, les populations en perte de valeurs, repères, espoirs, les jeunes qui sniffent de la colle pour oublier la peur (de mourir, de se faire violer, de l’avenir), les filles qui se prostituent, les armes qui arrivent pour nourrir une soif belliqueuse que l’on ne veut surtout pas tarir.

Il faut aller voir ce film, il le faut vraiment !


.::Matoo
   
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