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Hair high
 
 

23/04/2005
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Bill Plympton est un ouf, mais je le savais déjà. Il est l’auteur d’un dessin animé qui m’avait bien perturbé et scotché, il y a quelques années, autant par le fond que par la forme : « L’impitoyable lune de miel ». Il revient avec un opus aussi taré et superbe. Encore une histoire complètement dingue et dont la narration prend les chemins alambiqués de son esprit tordu. Mais il a un putain de style, et son dessin possède une vigueur et un sens artistique qui ont disparu depuis bien longtemps des productions de dessins animés auxquelles nous sommes habitués.

Forcément, c’est un peu déroutant les premières minutes, mais on se fait vite à cette palette de couleurs criardes ou étalées à la truelle sur des personnages qui peuvent se déformer d’une minute à l’autre, et exploser dans un magma sanguinolent et bruyant de barbaques immondes. L’expression passe par le dessin, par les paroles mais aussi par le mouvement. L’auteur utilise la totale flexibilité du dessin pour faire passer les idées les plus folles, et pour nous faire visualiser ses images les plus métaphoriques (plus ou moins poétiques).

L’histoire qu’il raconte est une sorte de conte moderne. Imaginez un peu un décor et des personnages tout droits sortis de « Grease » avec bananes immenses et choucroutes surdimensionnées sur fond de bal de promo. Le lycée est régi par les personnalités dominantes du couple phare « beautiful people » : Rod le footballeur star et Cherri la chef des pom-poms girls. Or un petit nouveau, Spud, débarque et fait des bourdes qui l’amène à se mettre à dos le couple d’enfer. Du coup, le nouveau devient le larbin de Cherri sous la pression musclée de Rod. Mais Spud et Cherri qui se haïssent immédiatement, sont malgré tout peu à peu attirés l’un vers l’autre.

Avec cela, une musique omniprésente et tonitruante et une attention particulière portée aux bruitages. Plus généralement, on sent que beaucoup d’efforts ont été déployés sur la sonorisation, et je me rappelle que c’était la même chose pour les autres films. Les comédiens aussi ne sont pas en reste, car on a un casting vocal très impressionnant mais aussi extrêmement bon et convaincant.

Certaines scènes sont d’un gore qui est drôle et parfois vraiment dégueu, on se demande comment il imagine des trucs pareils (eurk, quand il remet toutes les viscères et organes dans le corps du prof qui a tout gerbé à cause d’une bonne quinte de toux de fumeur, eurk en lui faisant ravaler par la bouche, eurk). Par contre, il montre avec ses emphases graphiques et son imagination débordante une passion entre deux êtres d’une manière géniale et très belle (il faut voir ce qui passe d’une bouche à l’autre, arf).

A mon avis, il va rester une semaine à l’affiche, mais je pense qu’un truc aussi original et différent mérite qu’on le découvre au cinéma. Ce dessin animé est une œuvre d’une grande qualité artistique, et d’un auteur dont le talent est ineffable.


.::Matoo
   
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