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De Mike Davis
Édité par La découverte
Nb de pages 384





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Cette oeuvre a été notée 5

City of quartz (Los angeles, ville du futur)
 
La ville, vous la rêvez comment ?
 

17/02/2002
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Du rêve américain à son cauchemar

Los Angeles, ville mythique, synonyme de toutes les libertés s'érige fièrement sur la côte Ouest. Cette mégapole de plusieurs millions d'habitants s'est pourtant bâtie sur la négation du pouvoir syndical et sur l'afflux massif de capitaux rendu possible par la politique liberticide du Général Otis.
Dès son origine Los Angeles est une ville militaire, une ville du capital, une ville de la consommation. Mike Davis ne se prive pas de la caractériser par de multiples périphrases " métaphore du capitalisme " ou encore, en citant notamment Morrow Mayo " au contraire elle est [Los Angeles], et cela depuis 1888, une marchandise, quelque chose dont on fait la publicité et qu'on vend au peuple américain comme les automobiles, les cigarettes ou du dentifrice. ".
Los Angeles essaie d'être à la côte Ouest ce que New York est à la côte est : une ville culturelle, un pôle mondial.
Ses origines, ses ambitions, caractérisent non seulement le rêve américain et ses conséquences : celui du pavillon, de la voiture et des villes protéiformes mais aussi une dérive des villes modernes : le racisme, la ségrégation, l'entre soi. Bref, l'ultrasécuritarisme et paradoxalement, le non-mouvement ou plutôt, le mouvement en zone fermée.
Ces deux points, Los Angeles comme symbole du rêve américain, et Los Angeles en tant qu'allégorie de la ségrégation socio-spatiale et de l'ultrasécuritarisme constituent les deux parties importantes de cet ouvrage.

American Graffiti

American Graffiti, film de 1973 signé Georges Lucas, n'est pas seulement une histoire de cœur et de jeunes avant la remise des diplômes. Non, il est une illustration parfaite de cette Californie adolescente, de la voiture, des drive in. Bref, de ce rêve américain que symbolise Los Angeles.

les banlieues dévorantes

Une ville dévorant l'espace, s'étalant de plus en plus vers le désert, utilisant la technologie pour s'extraire de la réalité et de la localisation primaire des villes : l'eau. Les canalisations, la climatisation permet de construire et de vivre confortablement dans une zone désertique, aride. Ou plutôt, désertique avant que la raison de l'argent, et une demande forte des consommateurs, poussés par la publicité et l'envie suscitée de quitter les mauvais quartiers, ceux du centre, ne transforment cette zone naturelle en un espace artificiel : la ville.

Le pavillon et le petit jardin, image d'Epinal de l'Amérique, caractéristiques de " l'american dream " symbolisent non seulement le tissus urbain de Los Angeles mais aussi celui des grandes villes américaines. Un centre ou l'insolence des gratte-ciel, lieu de la City (Downtown) côtoie la pauvreté et les quartiers misérables
Kaufman and Broad est l'un des artisans de cette folie pavillonnaire et cette illusion que plus loin, on vit mieux. Peut-être… Mais vivre plus loin, tout en étant attiré par le centre pose le problème dantesque des transports.

Le transport tentaculaire

Les banlieues, " suburbs ", symbolisent l'Amérique. Son pendant direct, la voiture, pose d'importants problèmes. Dans une ville où les habitants choisissent de vivre de plus en plus loin de leur lieu de travail en échange d'un cadre de vie meilleur, les routes, les autoroutes et autres échangeurs prennent une place de plus en plus importante. L'Amérique est le pays de la voiture. Los Angeles n'y déroge pas.
Les transports en commun ne suivent pas.
Bref des temps de transports qui s'allongent et une voirie cannibale sont le lot quotidien des habitants de ces banlieues pavillonnaires

L'aberration environnementale

Les deux variables précédentes, les banlieues qui s'étendent vers le désert et le transport basé sur la voiture reine ne vont pas sans poser quelques problèmes environnementaux.

Celui de l'eau est très inquiétant : en dévorant le désert, la ville épuise les ressources en eau, surtout quand ce désert devient une zone où pousse les jardins des pavillons.
Le milieu naturel est entièrement ravagé, les plantes traditionnelles comme l'arbre de Joshua sont éradiquées car elles ne correspondent pas à l'image du pavillon.
Pire, la voiture, même si Davis n'en parlent pas, constitue une source de pollution importante.

Gaspillage de l'eau, gaspillage d'énergie, gaspillage des ressources. Los Angeles est bien le symbole du rêve américain et de ses conséquences néfastes. Mais il n'y a pas que la dimension écologique, il faut prendre en compte aussi la dimension sécuritaire.

Blade Runner

Los Angeles symbolise aussi la ville moderne, sa ségrégation et ses penchants sécuritaires, voire même totalitaires.

Architecture sécuritaire

Une architecture fermée, dans laquelle les éléments sécuritaires deviennent des éléments de design comme dans la bibliothèque Frances-Howard-Goldwyn (p218).
La conception des rues ou les trottoirs se réduisent au maximum pour éviter la rencontre entre individus jusqu'au caractère fermé du nouveau Downtown par rapport aux autres quartiers environnants sans oublier les centres commerciaux de Haagen, qui a pour fond de commerce ces espaces commerciaux sécurisés dans ces zones ou personne ne veut investir, illustrent la sécurisation de la ville. La numérotation du toit des immeubles dans les quartiers sensibles pour un meilleur contrôle par hélicoptère en est un autre exemple.

Quartiers cloisonnés

La fermeture de tout ou partie des quartiers par des murs, des postes de surveillances, par l'absence de voies de communication entre les deux ou encore par la création " d'un glacis " (cf. le déplacement de l'ancien centre ville entre le nouveau Downtown et les quartiers pauvres) est sûrement la partie la plus visible du dispositif sécuritaire : contrôler les flux pour éviter que les conflits puissent naître. Mieux utiliser la peur des uns envers les autres pour mieux les contrôler ( La police de Los Angeles, la LAPD, qui raccompagne les habitants de certains quartiers après 22 heures).
De même, les mesures anti sans-abri (fin des toilettes publiques, arrosage automatique aléatoire) permet aussi de refouler les "indésirables " vers les quartiers pauvres.

Police omniprésente

L'apothéose sécuritaire est bien évidemment constituée par les moyens dantesques accordés à la police : liste des suspects potentiels, surveillance aérienne grâce à des hélicoptères dotés de projecteurs permettant "le jour en pleine nuit", bâtiments numérotés. Le fantasme étant bien la surveillance des biens et des personnes via un satellite GPS. Los Angeles, bienvenue à "Monopolis"

Pour conclure

Los Angeles est une véritable allégorie de la ville américaine (suburbs, transport) et ses dérives sécuritaires illustrent peut-être ce que sera la ville postmoderne : une ville cloisonnée, du flux rapide, de l'anonymat collectif. Etre entre soi pour éviter d'être avec les autres. Pour résumer une ville de tensions entre groupes nommés "autres" par ceux qui n'en font pas partie. Chacun étant potentiellement l'autre d'un soi.

.::Jean
   
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Vos commentaires
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Lalal a écrit le 31/05/2003 à 02h40.  Commentaire 1187, Visiteur 724
Pouri sé laid on na pas linformation quon veux

Shakou a écrit le 12/04/2004 à 19h34.  Commentaire 6033, Visiteur 2399
je trouve cette description vraiment pas objectif (du genre remerciez dieu d'etre en france car partout ailleurs c le chaos) propagande classique meme certain fait ne sont pas contestable une vision tres noir.

2pac shakur a écrit le 03/01/2005 à 16h29.  Commentaire 9960, Visiteur 3464
moi je trouve ca pa mal

Anaelle a écrit le 25/02/2006 à 11h19.  Commentaire 16951, Visiteur 4812
Bande de nouilles, c'est une véritable réfléxion sur la ville. De plus ce livre parle de Los angeles avant 92, c'est à dire avant ses émeutes urbaines, depuis son fonctionnement a été reconsidéré, simplement parce que le hors norme revèle la norme. Les travaux de Mike Davis, sont entièrement validés par la sociologie .....;)

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