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De Andrew Holleran

Traduction:
Pascal Loubet




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Cette oeuvre a été notée 3

Le danseur de Manhattan
 
Gay, drogues et clubber
 

26/03/2006
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Voilà un livre apparemment culte d’Andrew Holleran sur la vie gay new-yorkaise dans les années 70 et juste avant le Sida. En effet, j’ai perçu tout ce que ce bouquin pouvait représenter pour la génération qui avait vécu cette époque. J’y vois surtout à la fois les réminiscences de cette « culture » sur celle d’aujourd’hui, et aussi un peu la manière dont elle est revenue (avec tous les dangers que cela représente) tout en s’adaptant à son temps et une plus grande intégration de l’homosexualité dans la société.

Drogue et clubbing

Il s’agit donc d’un roman qui raconte une histoire et des événements que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. L’auteur utilise le récit de la vie d’une de ces icônes du milieu gay, Malone, un très beau mec qui sera pendant des années la coqueluche du ghetto new-yorkais. Une de ses connaissances est le narrateur, et il raconte comment Malone commence à s’assumer, ses premières rencontres fugaces dans les parcs, et la manière dont une des grandes figures du milieu gay, Sutherland, une folle hurlante et extravagante, le prend sous son aile. Pour le meilleur et aussi pour le pire, Malone trouve un refuge dans ce miroir aux alouettes où le clubbing (avant que cela s’appelle comme ça) est le seul salut, où les drogues sont l’usage, et où on se prostitue ou bien l’on vit aux crochets de quelques héritiers gays planqués (ce qui est à peu près la même chose).

Culture gay

On y retrouve donc des éléments de « culture » gay bien actuels. Les clubs, les drogues, la mode, le culte du corps, la promiscuité sexuelle des sex-clubs, etc. Mais on y repère aussi toute la liberté, l’insouciance et la déraison d’une époque sans Sida, juste au début d’une meilleure acceptation des homos (au moins dans le milieu gay), et d’une visibilité toute balbutiante. Une opacité et un anonymat des gays qui leur permettent d’encore plus se désinhiber. Cette vie toute passionnelle accuse naturellement des descentes aussi vertigineuses que les fêtes battent leur plein. Cette existence toute en strass et en paillettes cache aussi une solitude inextricable, et des relations amoureuses qui ne fonctionnent pas, une sorte de pis-aller où l’instinct grégaire et la reconnaissance de ses pairs pallient à un manque d’affection manifeste.

Remarquablement bien écrit

Une qualité notable de ce roman, et qui n’est pas si courant dans cette littérature, est qu’il est remarquablement écrit. Cela fait du bien de lire un auteur avec tant de style et de panache. Il décrit évidemment des faits très « gays » et parfois très cul, mais a une vraie plume pour évoquer New York et les états d’âme de ses personnages. Cette acuité et forme très alerte et agréable renforcent l’attachement aux personnages. Tandis que la tension dramatique se densifie à mesure que le récit progresse, que Malone s’intègre et expérimente, on voit que les personnages prennent de l’âge. Et on retrouve là encore un des leitmotivs gays : vieillir fait peur, prendre de l’âge est une mort sociale, ce qui représente une mort tout court (puisque l’on ne vit que dans la représentation et dans le show-off).

Gai et triste

Le roman est donc gai et triste à la fois. Et cette tristesse est une langueur assez terrible qui s’exprime sur toute la fin. Il semble que la fête soit finie, et qu’une nouvelle génération d’homos vienne déjà prendre le relais. Une nouvelle génération qui sera dévastée par une maladie que l’on ne connaît que trop bien, et dont les répercutions changeront aussi le « paradigme pédé ».

Je n’ai pas été totalement emballé par le bouquin, mais je lui trouve le mérite de raconter avec une sincérité très touchante cette période et ces gens. En tout cas, à pas mal d’égards, je ne regrette pas trop cette ère si singulière, malgré ses aspects les plus affriolants et attirants.

.::Matoo
   
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